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Guide complet : se débarrasser des punaises de lit

De 378 où les Wisigoths traversèrent le Danube écrasant l’armée romaine à nos jours Paris à souvent vécu la venue d’envahisseurs. De nouveau ils sont là, à peine visibles,cachés parmi notre quotidien et envahissant notre espace vital, se reproduisant à la vitesse d’un TGV. Et quand par le plus grand hasard vous en apercevez un, vous en apercevez mille grouillant, tapis prêt à accomplir leur sombre besogne.

Ils sont parmi nous, ou devrais-je dire elles sont parmi nous, car cet envahisseur insidieux se nomme : les punaises de lit !

Les punaises de lit arrivent en France

Le 16 novembre 2010 France info diffusait une émission, les punaises à l’attaque de Paris, une enquête de Grégory Philipps :

« Après avoir infesté New-York à la fin de l’été dernier, les punaises de lit sont-elles en train d’envahir Paris ? Aux États-Unis, les « bedbugs » avaient créé une véritable psychose, entrainant des fermetures de magasins ou de bâtiments administratifs. En France, rien de tel pour l’instant mais les services d’hygiène et les sociétés spécialisées dans la désinsectisation constatent que les cas sont de plus en plus nombreux … »

Ne cédons pas à la panique et faisons plus ample connaissance

La punaise de lit appartient à la famille des Cimicidae. cette espèce d’hétéroptère selon les régions du monde peut designer plusieurs genres de cimex.

Plus classiquement il désigne le Cimex Lectularius, le plus courant mais il existe également le Cimex hemipterus que l’on trouve dans les régions tropicales parasitant volailles et chauves-souris, Cimex pilosellus parasitant les chauves-souris, Cimex pipistrella etc…

Punaise de lit adulte

Les nymphes sont translucides et de couleur claire. En devenant adulte leur teinte fonce et s’opacifie. Adulte leur corps ovale et plat, sans ailes à l’apparence rayée du à leurs poils microscopiques mesure de 5 à 8 mm de long.

Armée de six pattes, sa couleur est brun clair mais lorsqu’elle est gorgée de sang elle apparaît plus foncée allant jusqu’au brun-rouge. Elle ne se déplace pas suffisamment rapidement pour échapper à la vue d’un observateur.

Comme toutes les punaises, elle possède un appareil buccal piqueur-suceur transformé en rostre long. Conçu pour piquer et sucer ce rostre, sorte de tube allongé situé sous le corps est muni de deux entrées, l’une piquante et injectant un peu de salive contenant un anesthésiant, l’autre tube injectant un anticoagulant pour fluidifier notre sang. La douleur de la piqûre de punaise de lit étant atténuée grâce à ce dispositif, la succion vampirique peut s’exercer jusqu’à plus soif.

Une pratique de reproduction pour le moins bestiale

Un cycle biologique dure deux à dix mois en fonction de la température et de la nourriture.

Ce mode de copulation, assez rare chez les Arthropodes, consiste pour le mâle doté d’un appareil reproducteur acéré comme une aiguille, à perforer l’abdomen de la femelle de façon à pénétrer dans une poche appelée organe de Ribag, d’où ils gagnent les ovaires pour y injecter sa semence.

Les voies naturelles de reproduction dont est pourvue la femelle ne serviront que lors de la ponte des oeufs.

Un mâle peut s’accoupler plusieurs fois par jour, ceci avec plusieurs femelles. Les oeufs ainsi pondus dans les litières des animaux ou dans les recoins des habitations, sont blanchâtres en forme de poire et de la taille d’une tête d’aiguille.

Le cycle de vie de la punaise de lit

Au printemps, après la période de froid, les adultes sont inféconds. Mâles et femelles doivent s’alimenter pour pouvoir se reproduire à nouveau.

Ayant absorbé du sang, la femelle fécondée pond une dizaine d’oeufs qu’elle va déposer le plus près de sa source alimentaire. Si elle peut absorber régulièrement du sang, soit environ tous les 3 à 4 quatre jours, elle pourra continuer sa ponte durant près de 6 mois.

Des grappes de dix à trente oeufs pondues principalement dans les litières des animaux ou dans de sombres interstices près des lits, de vieux meubles mal entretenus, de canapés, de banquettes de voiture, de sommiers, etc. éclosent entre une dizaine à une vingtaine de jour.

Après l’éclosion, la punaise passe par plusieurs stades larvaires nécessitant tous l’absorption d’une grande quantité de sang. Les larves et les imagos peuvent absorber le double de leur poids de sang. La température joue un rôle important dans leur développement. Entre 13 à 15°C, le développement est continu, plus il fait froid plus la croissance est faible, puis s’arrête et la punaise de lit hiberne.

La durée de vie des punaises de lit varie de 4 mois à un an et une femelle peut pondre de 200 à 500 oeufs.

Son mode de vie

Le jour, elle vit cachée dans les fentes des planchers, dans les recoins des habitations et dans les lits. Dérangée elle se faufile rapidement pour se dissimuler.

Même si elle vous parait invisible, sa présence peut se signaler sur vos draps, sommier ou vos murs par de petites traces de sang ou de points noirs. Ce sont leurs déjections reconnaissable à leur odeur nauséabonde qui plane dans la pièce.

Son activité est principalement nocturne. Cependant, une femelle affamée peut piquer le jour. Elle peut se nourrir du sang de ses hôtes sans même que ces derniers ne le ressentent.

La punaise de lit migrant facilement est un redoutable globe trotter. Elle se déplace par de nombreux moyens, tels que les échanges de vêtements, le contact avec les animaux domestiques ou errants, le contact avec un mobilier mal entretenu…

Personne n’est à l’abri et il est très facile d’en ramener à la maison sans s’en rendre compte directement par contact avec une autre personne, soit par déménagement de meubles où dans vos propres bagages.

L’ouverture des frontières, favorisant les déplacements de voyageurs internationaux et leurs bagages, amène ces clandestins sur les sols européen et américain.

Une forte augmentation de population des punaises de lit a été constatée dans les années 2000 sur ces deux continents.

De plus, des punaises de lit transportant des Staphylococciqueues aureus résistant à la méthicilline (SARM) et des Enterococcus faecium résistant à la vancomycine (VRE) ont été détectés à Vancouver.

Sur le site des chemins de Compostelle on peut lire :

« Le problème est devenu si grave en 2009 que certains gîtes d’étape ont dû être fermés dans l’attente de leur décontamination. Il ne sert à rien de stigmatiser tel ou tel hébergement, car le plus minutieux des propriétaires de gîtes ou chambres d’hôtes peut retrouver un jour une de ses chambres infectée par un seul sac à dos posé dans la pièce 20 jours avant. »

La punaise de lit et l’homme

La punaise de lit repère son futur hôte principalement par la chaleur qu’il dégage, profitant du sommeil de celui-ci, elle pique en laissant au petit matin souvent une ligne droite de petites pustules correspondant à chaque piqure.

Souvent indolore sa piqure laisse des traces rouges sur la peau comme une piqûre de puce, parfois provoquant des démangeaisons. Les piqûres sont le plus souvent sur les parties exposées des bras, des jambes et du dos.

En fonction de la sensibilité des personnes les piqûres disparaitront au bout de quelques heures voir quelques jours sans traitement. Mais pour d’autres, c’est une réaction allergique immédiate et localisée, sorte de boursouflure prurigineuse rouge vif très douloureuse qu’il ne faut surtout pas gratter sans risquer de sérieuses infections ou autre maladie.

En cas de grosse réaction, il est conseillé de consulter son médecin traitant pour calmer l’allergie mais aussi pour éviter un grand traumatisme et une détresse psychologique de longue durée dû à ces piqûres répétées.

Petite, mais avec un appétit d’ogre en une seule nuit elle peut piquer plus de 90 fois.

Cette punaise ne parasite pas uniquement l’homme mais également les oiseaux et les mammifères. Elles peuvent être susceptibles de transmettre des maladies mais les scientifiques n’ont aucune certitude à ce sujet. À ce jour, ces insectes ne semblent pas être les vecteurs de maladies connues.

Moyens de lutte

L’éradication de la punaise des lits est complexe car l’insecte est bien dissimulé et difficile d’accès. Il faut donc effectuer des opérations de désinsectisation souvent en plusieurs étapes, et organisées.

Avant tout, il faut :

  • Bien repérer les zones d’infestation, il peut s’agir, d’un meuble ou d’un matelas provenant d’une zone déjà infestée, d’insectes transportés dans des bagages suite à un déplacement.
  • Laver la literie à haute température, cycle de machine à 60° minimum et ranger dans un endroit vierge de toute infestation.
  • Retirer les matelas de vos lits et se débarrasser des vieux.
  • Vider les armoires, penderies, dressings, tables de nuit proche des zones infestées.
  • Passer soigneusement l’aspirateur puis jeter le sac hors de la maison après désinsectisation.
  • Décrocher les posters, tableaux et autres bibelots.
  • Ne pas remeubler avant éradication complète.
  • En cas de voyage fréquent il faudra être très vigilant avec les vêtements et bagages et traiter ceux ci à chaque retour.

Les insecticides

Pour lutter contre les punaises de lit, on peut utiliser un insecticide classique à base de chroracétyltrinitotoluène ou d’autres produits équivalent qui sont probablement cancérigènes, et peuvent provoquer irritations et problèmes respiratoires aux personnes qui évoluent dans un tel environnement chimique.

Le traitement peut être réalisé :

Avec un pulvérisateur basse pression : Appliquer le produit actif avec une lance sur tous les supports ou les punaises de lit ont pu se loger, insister particulièrement sur les sommiers, les plinthes, les parquets, les meubles, les fissures, etc…

Avec un atomiseur : C’est un dispositif qui permet de vaporiser de très fines gouttelettes propulsées grâce à une turbine mélangeant de l’air et le produit actif.

Par fumigation : Il s’agit de petit récipient prêt à l’emploi Un fumigateur permet la libération de fines particules insecticides pénétrant chaque anfractuosité de la zone traitée où des insectes pourraient tenter de trouver refuge.

Il existe aussi des insecticides plus respectueux de l’environnement et de notre santé composés de pyrèthre naturel et d’huiles essentielles que Weebio vous recommande.

Les ingrédients qui rentrent dans leur composition sont réputés comme insecticide naturel sans être dangereux pour l’homme. Ce sont des produits non polluants obtenu par chimie douce à partir d’huiles végétales.

Sans odeur, non irritant et non inflammable, il ne présente aucun danger pour l’homme.

Toutefois ce n’est pas un aliment et il ne doit pas être ingéré ou inhalé. Par précaution il est donc recommandé de ne pas le laisser à la portée des enfants. Les molécules de pyrèthre naturel agissent sur le système nerveux des punaises de lit.

Les régulateurs de croissance

Les traitements insecticides peuvent être complétés ou combinés par l’application d’un régulateur de croissance.

Un régulateur de croissance n’entraîne pas la destruction immédiate des insectes, mais entrave plutôt leur processus normal de croissance en perturbant la formation de la chitine, constituant essentiel du corps de l’insecte et permettant ainsi la mortalité lors des mues.

Ce traitement complémentaire assurera la destruction des insectes éclos après le traitement insecticide classique.

Ces produits ont en général une très grande rémanence et sont efficace durant 6 à 12 semaines en fonction des préparations et de ce fait, ils diminuent considérablement le risque d’échec ou de récidive.

Les régulateurs de croissance d’insecte ont l’avantage d’être des molécules à faible toxicité pour les animaux domestiques et pour l’homme.

Important :

Tous les insecticides et régulateurs de croissance n’ont pas la même efficacité contre les punaises de lits, les plus performants sont réservés à un usage professionnel. N’hésitez pas à faire appel à une société spécialisée qui saura mettre en oeuvre ces produits en toute sécurité.

En fonction du degré d’infestation ou en cas de récidive, il peut-être nécessaire de renouveler le traitement après quelques semaines.

Les prédateurs

À notre connaissance il n’en existe qu’un, la Scutigère véloce ou mille-pattes (S.Coleoptrata), un petit arthropode myriapode.

Il s’agit d’un arthropode lucifuge et hygrophile. On la rencontre généralement dans les maisons, en train de fuir à la vue de l’homme. Ce prédateur est capable de sauter d’un meuble ou d’effectuer des virages à 90 degrés vers une cachette propice. Les sens de la vision, de l’ouïe et de l’odorat sont assez développés.

Inoffensif pour les humains, il s’agit d’un animal très utile car il débarrasse la maison de nombreux nuisibles pour l’homme, tels les moustiques, les punaises des lits, les fourmis, les termites, les blattes ou les poissons d’argent. Son installation dans une maison est le signe de la présence d’insectes, dont il se nourrit. Le scutigère véloce est un prédateur de la punaise de lit.

Prédateur très actif, la scutigère véloce peut aussi attaquer des insectes comme les guêpes. La scutigère véloce est inoffensive pour l’homme, si vous en apercevez chez vous, passez votre chemin et laisser la agir, elle vous rend de grands services.

Conclusion

Que dire de plus que ce qu’écrivait Gaëlle Coursel dans son article de libération en citant M. Marcel :

Nicolas, 25 ans, a fait l’année dernière l’expérience des punaises de lit,

« J’ai essayé de m’en débarrasser par tous les moyens : fumigènes, pièges avec du scotch, morceaux de verre calés sous le lit…En tout, ça a duré un an. Parfois elles revenaient, c’est vraiment extrêmement difficile de les faire partir. »

La punaise a une capacité d’adaptation et de reproduction infinie, et peut vous faire craquer, confirme SOS Nuisible : « Il y a des gens au bord de la dépression ». Mieux vaut donc en parler pour s’assurer que la bête n’infeste pas vos voisins.

« Souvent les gens ont honte. Lorsque j’interviens, je suis en voiture banalisée, je ne porte pas de combinaison ! Il faut savoir se faire discret. » S’il se désole de ces comportements, Monsieur Marcel avoue quand même :

« Avec les gens qui vont et viennent partout dans le monde, la punaise n’est pas prête de disparaître. »